“Il était plus d’une fois…” a remporté la 2ème place du concours “Jeunes de Qualité” de Lions Club Ile-de-France Est, édition 2021.

Le but de ce projet n’est pas de guérir les personnes victimes de violences mais de faire en sorte qu’elles libèrent leur parole.

Il était plus d’une fois…

Emma Fréry, 13 mars 2020 – 04 juillet 2021

Il était une fois, une jeune femme qui voulait donner la parole aux victimes de violences.

Petite, ses parents lui lisaient les innombrables histoires de ces personnages imaginaires : cette princesse endormie pendant cent ans qui se réveille grâce au baiser du Prince, ce petit pantin de bois qui rêve de devenir un véritable petit garçon; cette petite sirène qui tombe amoureuse d’un humain, ou encore cette petite fille qui tombe dans un terrier de lapin et arrive au Pays des merveilles. Toutes ces histoires lui paraissaient à la fois si belles et en même temps si irréelles.

Puis est arrivé le jour où elle a découvert que les versions originales des contes pour enfants sont souvent beaucoup plus sombres que celles que ses parents lui lisaient. Discrimination, exclusion, harcèlement, viol, inceste. Ces versions sous-entendent des violences, des abondons et des souffrances d’hier et d’aujourd’hui. Il ne s’agissait plus du beau « Il était une fois… » mais bel et bien d’un obscur « Il était plus d’une fois… ». Et c’est ainsi que le projet de notre jeune femme vit le jour.

Elle lança un appel à témoins dans le but que des personnes ayant vécu ces traumatismes sortent du silence et libèrent leur parole en utilisant un conte célèbre. Projet fort en émotions, elle reçu des témoignages glaçants dépassant tout entendement humain qui la hantèrent dans son sommeil et qui la mirent dans l’incapacité de poursuivre les lectures. Avant ces témoignages, la jeune femme ne s’imaginait pas toujours les atrocités que peuvent causer certaines personnes.

Ces créatures inhumaines pouvant prendre l’apparence d’un ami de la famille, d’un compagnon, d’un cousin, d’un oncle, d’un père, d’un grand-père, d’une belle-mère… Mais notre jeune femme ne voulait pas abandonner, elle souhaitait dévoiler et dénoncer ces violences encore trop présentes dans son monde actuel. Chaque témoin a raconté son traumatisme avec ses propres mots car chacun a osé en parler, l’affronter et lui dire « Non ! ». Ils ne sont plus des victimes. « Il était plus d’une fois… » prend tout son sens par la juxtaposition des photos et des témoignages. Son but est d’encourager d’autres victimes à oser s’exprimer à leur tour.

Pour l’aider dans la réalisation du projet, la jeune femme a fait appel à sa maquilleuse aux doigts de fée. Ensemble, elles ont échangé et débattu sur les maquillages, les tenues et le lieu des séances. Tout était préparé pour que ces dernières se déroulent dans les meilleures conditions possibles et dans une bienveillance la plus totale.

Notre jeune femme nourrit l’espoir que ce projet aide de nouvelles victimes à trouver la force et le courage de prendre la parole et de surmonter leur traumatisme.

ÉQUIPE


Maquillages :
Tous les maquillages ont été réalisés par Melyssa Nguyen.

Assistants et assistants backstages :
La Belle au bois dormant : Inès Fréry
La Barbe Bleue : Inès Fréry et Mylène Tang
La Princesse au petit pois : Frédéric Fréry et Melyssa Nguyen
Le Vilain Petit Canard : Melyssa Nguyen
Le Petit Poucet : Inès Fréry
Pinocchio : Inès Fréry
La Petite Sirène : Mylène Tang
Blanche Neige : Mylène Tang
Mulan : Frédéric Fréry et Constant Ranoux
Alice au pays des merveilles : Inès Fréry, Laure Gironde et Mylène Tang
Le Petit Chaperon rouge : Inès Fréry

TÉMOIGNAGES

La Belle au bois dormant, a vaincu un pervers narcissique

Un témoignage de Hermeline M., mai 2020

Il était une fois, une jeune et jolie jeune fille.

Elle n’avait pas encore trouvé son prince charmant … Plus les jours passaient, et plus le manque d’amour l’envahissait …

Un beau jour, elle le vit, c’était lui ! Leur amour était si fusionnel que la jeune fille ne voulait plus voir qui que ce soit d’autre. Quant à lui, il montrait à sa belle qu’il était le seul à pouvoir l’aimer correctement et que ses amis étaient néfastes pour elle. Il les chassa, un à un de sa vie et c’est ainsi que le rêve s’assombrit peu à peu. Rien de ce que faisait la jeune fille n’était assez bien pour lui.

Pour retrouver leur conte de fées, elle céda à ses moindres désirs. Elle se sentait dépossédée de son corps, elle n’était plus qu’un esprit triste dans un corps vide. Le soir, son esprit quittait son corps et son corps tout entier appartenait au Prince. Elle décida de mettre son esprit en sommeil et de devenir la Belle au bois dormant tombée dans un profond sommeil laissant son Prince étendre sa malédiction sur tout son être.

Heureusement, un jour, elle réussit à lui dire « Non ! » pour la toute première fois. Et c’est là qu’elle comprit. Elle pouvait s’élever seule au rang de Reine.

Et elles vécurent heureuses, jusqu’à la fin des temps …

La Barbe Bleue, a vaincu la séquestration

Un témoignage de Loreen B., mai 2020

Il était une fois, un regard, un sourire.

Fort, beau, il n’en faut sûrement pas plus pour laisser son cœur s’en aller. Tu t’es attachée comme une jeune fille pourrait le faire face à une passion dévorante. Envoutée jusqu’à ce qu’il lève, pour la première fois, la main sur ta peau de velours. Trop tard pour fuir, trop tôt pour l’aimer pourtant, l’emprise qu’il exerce sur toi t’oppresse. Mais ce n’est qu’une gifle. Ce ne sont que quelques mots glaçants. Ce n’est rien. Il changera.

Prisonnière de ton palais d’or et d’argent, étouffée par des présents en guise de pardon, terrorisée par l’idée qu’il te frappe une fois de trop, convaincue que tu es seule face à lui et face au monde, tu restes. Le regard vide face à sa violence, face à son emprise, tu ne pleures même plus. Pourtant tu espères qu’un tendre chevalier vienne te délivrer.

Et un soir d’été, lors d’une de tes uniques sorties autorisées un amant du passé soulève tes manches et découvre avec effroi des marques violacées sur tes poignets. Il ne t’en faudra pas plus pour croire de nouveau en ta liberté et en la vie.

Ton tortionnaire sort un couteau, tu sens la lame froide dans ton cou. Il y a des bruits de verre brisé, des cris. Tes proches sont là. Et malgré ton corps étendu sur le sol froid, couverte de violence, tu es heureuse car il ne t’a pas détruite. Tu es plus vivante que jamais.

Un ciel bleu azur s’offre à toi. Tu as survécu.

La Princesse au petit pois, a vaincu ses angoisses et ses obsessions

Un témoignage de Inès F., juin 2020

Il était une fois, une Princesse.

Chaque nuit, la belle était rongée par ses pensées qui l’empêchaient de trouver le sommeil. Le petit pois de sa vie n’était autre que son pénible labeur. Se tordant dans tous les sens pour trouver ce doux moment de répit, elle pensait à ce travail qui l’angoissait perpétuellement. Malheureusement ce petit pois l’accompagnait jour et nuit rendant ses journées douloureuses. Ce poids, elle seule le ressentait.

Elle comprit que ce fléau qui la rongeait ne lui était pas étranger. Il lui fallut donc affronter ce qu’elle redoutait le plus : elle-même. En effet, la Princesse, au fil du temps, avait perdu toute confiance en son titre. Elle ne ratait pas une seule occasion de se dévaloriser jusqu’à entraîner dans sa chute sa liberté. Elle s’enferma dans son château afin d’apaiser ses pensées. Malheureusement, ses tentatives étaient vaines …

Elle dut alors se tourner vers sa mère la bonne fée qui lui procura un remède miracle.
Grâce à ce dernier, ses nuits furent moins douloureuses. Cependant son mal persistait toujours.

Au fur et à mesure que le remède s’épuisait, le petit pois de notre Princesse disparaissait lui permettant ainsi de regagner peu à peu sa confiance perdue.

Et c’est ainsi qu’aujourd’hui les angoisses de la Princesse sommeillent profondément en elle.

Le Vilain Petit Canard, a vaincu le harcèlement scolaire

Un témoignage de Emma G., juin 2020

Il était une fois, un petit canard qui s’en allait à l’école.

Il lui fallait bien du courage pour affronter ce qu’il se passait là bas. En effet, les autres canetons s’amusaient à se moquer et étaient très méchants avec le petit canard. Il n’avait pourtant rien fait pour mériter cela! Était-ce par-ce-qu’il n’avait pas encore perdu tout son duvet ou qu’il n’avait que les plumes sur les os ? En tout cas, c’est ce que ses camarades de classe lui rabâchaient sans cesse.

Un jour, alors qu’il faisait sécher ses plumes au soleil entre deux cours d’apprentissages de vols, deux petits cygnes qu’il n’avait jamais remarqués jusqu’à présent vinrent lui tenir compagnie. Ils cancanèrent en cœur tout le reste de la journée ! Il se sentit proche d’eux! Peut-être par-ce-qu’il trouva une certaine ressemblance entre eux et lui.

Ce fut malheureusement de courte durée car à la sortie de l’école les canetons lui tendirent une embuscade. Le pauvre petit canard se retrouva pris au piège, le bec bloqué sur le sol et les ailes écrasées sous le poids de ses assaillants. Cette fois et comme toutes les autres fois, il savait qu’il y laisserait des plumes.

Mais ce n’est pas ce qui se produisit. Il pouvait désormais compter sur l’aide de ses amis les cygnes rencontrés plus tôt dans la journée. Les deux cygnes élevèrent leur voix contre le reste du groupe et les firent partir en un battement d’aile.

Le canard ne se sentait plus seul. Il avait dorénavant des amis qui, il le savait, l’aideraient toujours dans les moments difficiles de la vie. C’est aussi à cet instant précis qu’il comprit qu’au lieu d’être un vilain petit canard, il était un petit cygne et qu’il n’avait plus à avoir honte de son plumage.

Le Petit Poucet, a vaincu l’abandon parental

Un témoignage de Cathy B., juin 2020

Il était une fois, l’histoire d’une petite fille pas plus grande qu’un pouce.

Elle n’était pas bien élancée certes, mais pour autant elle semblait prendre beaucoup de place. En effet, ses parents se lamentaient sur leur sort : la famine criait gare dans le royaume, et l’or manquait. Nourrir une. bouche de plus était devenu tellement difficile, qu’ils décidèrent d’abandonner la fillette une première fois, dans les bois. Heureusement, veillant la nuit l’enfant entendit la conversation et établit un plan.

Le lendemain, la mère de Petite Poucet l’emmena en forêt chercher du bois pour la cheminée. Évidemment l’enfant était guidée au plus profond du bois. Elle laissa tomber des petits cailloux au fil du chemin et elle fit bien. Bientôt, sa mère avait disparu. La petite était tourmentée, non pas qu’elle soit sans solution. Retournant sur ses pas, elle retrouva finalement sa maison, elle portait sur son dos des morceaux de bois, afin que la route n’ait pas servi à rien.

Les parents étaient désespérés de revoir leur fille, un enfant était trop cher, trop prenant.
C’est pour cela qu’ils organisèrent de nouveau une sortie dans les bois.

Le lendemain, au moment du départ, elle courra récupérer quelques morceaux de pain pour les semer sur sa route. Malheureusement les oiseaux les mangèrent et l’enfant se retrouva cette fois-ci seule et sans moyen de rentrer chez elle. C’est alors qu’elle vit une lumière au loin. C’était une chaumière. Elle toqua et un ogre effrayant lui ouvrit et la garda pour en faire son repas. L’enfant réussit à s’échapper. L’ogre poursuivit La Petite Poucet avec ses immenses bottes, mais elle était déjà loin. Avachi contre un rocher, il s’assoupit assez longtemps pour que l’enfant puisse lui voler ses bottes.

Ses démons s’étaient envolés, et son esprit voyagea de sept lieux en sept lieux, pour se retrouver dans un monde où l’amour règne, et où l’âme est le plus beau des trésors.

Pinocchio, a vaincu la manipulation

Un témoignage de Tony P., juin 2020

Il était une fois, un jeune garçon de bois.

Parce qu’il était fait de bois, peut importe où il allait, peut importe ce qu’il faisait, les autres enfants de son village, qui eux étaient faits de chairs se moquaient de lui.

Un beau jour, un renard et un chat, tous deux plus âgés que lui, et à l’air malin, s’aperçurent de sa fragilité et lui firent croire qu’avec eux il serait en sécurité et ne se sentirait plus jamais rejeté. Le jeune garçon de bois les suivit et avec eux, il rencontra d’autres personnes. Le renard, le chat et toutes les personnes qui entouraient désormais le garçon de bois réussirent à le convaincre que toutes les personnes faites de chair étaient mauvaises et néfastes. Le pantin commença à croire en ces idées…

Le jour arriva où le chat et le renard lui demandèrent de faire du mal à une personne faite de chair car celle-ci tenait la main à une personne faite de bois… Il n’avait pas envie de le faire, il savait que c’était mal et que ce n’était pas ce qu’il voulait, ce garçon de chair ne méritait en rien ce qu’on lui demandait de lui infliger… Mais il était devenu la marionnette du perfide chat et du malveillant renard et sous la pression et leurs menaces il s’exécuta.

C’est à partir de ce jour que le pantin réalisa qu’il s’était fait manipuler et qu’on avait profité de sa faiblesse. Ne voulant plus jamais participer à tout ça, il s’en alla.

Il rejoignit un nouveau groupe de personne qui elles, acceptaient les différences.

Et c’est ainsi, qu’il devint un véritable jeune homme, parce qu’il avait compris qu’être fait de chair ou de bois n’est qu’apparence.

La Petite Sirène, a vaincu l’inceste et le suicide

Un témoignage de Mathilde N., mars 2021

Il était une fois, une heureuse et intrépide petite sirène.

À l’aube de ses 15 ans, âge où les sirènes ont le droit de monter à la surface, elle rêvait de liberté et de voyages. Son grand-père, le sorcier des mers, lui proposa d’échanger sa queue de sirène contre des jambes humaines. Pour cela, il lui arracha son âme ce qui la tortura et la terrifia au point d’en oublier l’existence de ses nouvelles jambes. En effet, notre petite sirène les cacha sous sa queue de poisson pour que personne ne découvre le traumatisme qu’elle venait de vivre.
Elle pensait que si cet horrible acte causé par le sorcier se savait, tout le royaume des océans l’exilerait et la renierait. Malgré tous ses efforts pour oublier l’existence de ses jambes, elles demeuraient bien présentes sous sa queue. La petite sirène, ne pouvant les supporter, décida de les lacérer.

Lorsqu’elle eut enfin 15 ans, elle eut le droit de monter à la surface pour gagner la terre dont elle avait toujours rêvée. Mais en posant un pied sur le sable, ses jambes lui firent terriblement souffrir. Il ne s’agissait plus d’une douleur purement physique, la douleur psychologique avait pris le dessus. Notre petite sirène revint auprès de ses parents et de ses sœurs, vide, triste et incapable de leur expliquer son profond malêtre.

À 18 ans, elle remonta à la surface, rencontra un Prince et en tomba amoureuse. Confiante à ses côtés et persuadée de vivre un amour réciproque, elle lui avoua son terrible secret. Mais le Prince, apeuré par cette histoire, la rejeta pour les beaux-yeux d’un amour passé. Brisée, notre petite sirène monta sur la plus haute falaise du royaume terrestre pour se libérer de toutes ses souffrances. Heureusement, sa sœur et une fée des océans arrivèrent pour l’empêcher de faire le pas de trop.

Aujourd’hui, la petite sirène a décidé de parler, d’avancer et de découvrir ce vaste monde terrestre qui l’attend et lui ouvre ses portes. Elle souhaite à son tour accompagner ces femmes à qui l’on a, un jour, coupé la queue ou les ailes.

Blanche Neige, a vaincu la jalousie de sa belle-mère

Un témoignage de Cléo A., mars 2021

Il était une fois, l’unique enfant d’un Roi.

Elle avait la peau blanche comme la neige, les cheveux noirs comme l’ébène et les lèvres rouges comme le sang. Vous connaissez cette Princesse, me diriez-vous, mais cette histoire est légèrement différente de celle de notre Blanche Neige. Ici ce n’est pas tant la beauté que sa belle-mère lui enviait, mais bel et bien sa jeunesse, la promettant à un avenir certain où le rêve et les projets étaient encore permis.

Pour la belle-mère, cherchant à obtenir la pleine attention de son nouveau compagnon, la jeune fille était un obstacle. Rien ne devait venir ternir le miroir de la réalité… De manipulation en manipulation, la jeune fille se retrouva expulsée du château sous le regard de son père, ensorcelé. Elle trouva refuge dans les bras de sa mère et dut apprendre à vivre autrement, loin de son père.

Le temps passa et le Roi prit conscience de son erreur. La jeune fille le pardonna mais apprit à se méfier de ce qui semblait être trop beau pour être vrai, la rendant ainsi plus forte et prête à conquérir le monde. Aujourd’hui, notre Blanche Neige croque la vie à pleine dents.

Peter Pan, a vaincu sa crainte de devenir adulte

Un témoignage de Mélissa L., mars 2021

Il était une fois, une petite fille qui s’enfermait dans un monde dans lequel elle ne souhaitait pas grandir.

Ce monde, c’était le sien. Elle adorait être une enfant car cela la rassurait d’être choyée et protégée. Plus les années passaient et plus elle voyait son entourage quitter ce monde pour entrer dans celui des adultes. Notre Peter Pan trouvait leur comportement étrange puisqu’elle était la seule à ne pas changer. Son corps et son esprit restaient intactes.

Un jour, ses proches lui demandèrent de les rejoindre dans ce monde d’adultes car il était temps pour elle qu’elle grandisse. Cette demande était si soudaine pour elle puisque toute sa vie ses proches s’étaient contentés de la traiter comme une petite fille et elle ne savait pas comment se comporter autrement. Après tout, qu’est-ce que « être adulte ? ».

Pour faire plaisir à son entourage, notre Peter Pan tenta de mettre un pied dans ce nouveau monde, mais au bout du compte, il lui sembla sans intérêt. Quitter son propre monde lui était beaucoup trop difficile et cela n’était définitivement pas pour elle. Elle décida donc de rester là où elle se sentait le mieux. Rester une enfant quoi qu’il en coûte, quitte à finir toute seule. Et c’est précisément ce qui lui arriva…

Mais un jour, elle rencontra un jeune homme. Avec lui, elle apprit à mener une vie d’adulte tout en gardant son âme d’enfant.

Et c’est ainsi que notre Peter Pan trouva l’équilibre entre l’enfant qui vit toujours en elle et la jeune adulte qu’elle est enfin devenue.

Mulan, a vaincu son profond malêtre pour devenir l’homme qu’il a toujours été

Un témoignage de Lucas C., mars 2021

Il était une fois, une petite fille qui était née dans une famille chinoise très respectueuse des traditions.

Les filles devaient porter des robes, manger avec délicatesse et retenue, ne pas rire tout haut, ne pas jouer aux voitures et encore moins aux « jouets de garçons ». Notre Mulan éprouvait un sentiment d’inégalité. S’opposant aux traditions, elle refusait de laisser pousser ses cheveux, elle déchirait ses robes et portait fièrement ses premiers pantalons. Loin du regard de ses parents, elle s’amusait avec des jouets de « petits garçons ». L’été, la petite fille n’hésitait pas à aller à la plage torse-nu et à dire à ses amis qu’elle était un garçon.

Lorsque la puberté arriva, notre Mulan que tout le monde appelait « Mademoiselle » ne put cacher ses formes. Ses parents lui firent comprendre qu’il était temps qu’elle devienne une vraie femme qui devait arborer une allure féminine, porter des talons et avoir les cheveux longs. Aux yeux de ses parents, elle devait mûrir et respecter les traditions familiales…

Plus les années passaient et plus l’inconfort et la dysphorie étaient de plus en plus invivables. Le baccalauréat validé et les études supérieures débutées, notre Mulan fut en proie à de nombreux questionnements, si bien qu’elle en devint malade et fut hospitalisée plusieurs mois. Après tant d’années à subir le poids des traditions et à se dissimuler à travers une personne qu’elle n’était pas, elle s’était enfin trouvée et souhaitait s’affirmer malgré les risques au sein de son entourage.

C’est ainsi qu’une journée de printemps, notre jeune femme s’arma de courage et fit son coming-out en tant qu’homme transgenre. Depuis toutes ces années, Mulan était un homme, assigné femme à la naissance. Il se fit genrer au masculin et mua à 22 ans grâce à l’hormonothérapie qu’il reçu.

Désormais, notre Mulan s’appelle Lucas. Et pour la première fois, il est considéré aux yeux de tous, tant par sa famille, ses traditions, ses amis et la société, comme un homme. Il jouit enfin de la vie dont il a toujours rêvé ainsi que de sa liberté.

Alice, a vaincu son addiction aux drogues

Un témoignage de Léa B., mai 2020

Il était une fois, Alice au pays pas si merveilleux que cela.

Notre jeune femme était indépendante et en quête de liberté. Malheureusement, sa vie était triste, ennuyeuse et redondante. Elle souhaitait à tout prix s’évader dans un monde rempli d’aventures, de découvertes et de possibilités.

C’est alors, qu’elle rencontra Monsieur Lapin, beau et séduisant qui lui fit perdre toute notion du temps. Persuadée qu’il l’emmènerait dans un monde rempli de bonheur, notre Alice le suivit dans son pays des merveilles. Elle y rencontra Chapelier, Chenille, Chat et Lièvre.
Tous goutèrent et s’abandonnèrent aux multitudes substances qui s’offraient à eux. Champignons, nicotine, LSD, ecstasy, le buffet en était garni. La jeune femme en était devenue addicte et ne souhaitait plus jamais quitter ce monde qui l’amusait. Ce pays des merveilles lui montrait des fleurs en train de danser ou encore de chanter. Elle s’y sentait libre et épanouie.

Mais qu’était ce donc ce pays ? Une réalité ? Un rêve ? Était-ce donc ça le bonheur ?
La liberté ? Au fur et à mesure que le temps passait, Alice commençait à douter et à se sentir perdue dans ce monde des merveilles. Elle voyait ses nouveaux amis perdre peu à peu la tête et devenir fou. Quant à elle, elle perdait le contrôle de sa vie et ce n’était pas ce qu’elle souhaitait. C’est alors qu’elle décida de reprendre les rênes en main en quittant le pays imaginaire et en remontant à la surface, là où la vraie vie l’attendait.

Depuis son périple au pays des merveilles, notre jeune femme aide chaque nouvelle Alice à retrouver à leur tour, le chemin de la réalité.

Le Petit Chaperon rouge, a vaincu l’agresseur qui la traquait

Un témoignage de Alix B., juillet 2021

Il était une fois, une jeune fille qui croisa sur son chemin, un loup.

Elle était constamment à la quête du bien caché dans chaque personne qui croisait sa route et ne se méfiait pas toujours de ces dernières. Un jour, elle tomba nez à nez avec un loup et malheureusement pour notre Petit Chaperon rouge, elle ne vit pas le danger. Le loup, cherchant à devenir son ami, lui posa une multitude de questions. Confiante, elle lui raconta sa vie et le chemin qu’elle devait emprunter pour regagner sa maisonnette. Mais plus le temps passait et plus le loup commençait à se comporter de manière bien étrange avec elle, il lui envoyait de nombreux messages pour savoir où elle était, ce qu’elle faisait et ce qu’elle portait. Messages qui, au bout d’un certains temps, prirent une toute autre tournure et devinrent de plus en plus violents. La jeune fille n’osait plus sortir de chez elle de peur de tombez nez à nez avec ce prédateur.

Les soirs après les cours, au moment de rentrer chez elle, notre Petit Chaperon rouge ne se sentait pas en sécurité. Elle avait l’impression que quelqu’un l’observait dans l’ombre et la suivait. Mais dès qu’elle se retournait, elle était seule.

Et un jour en regagnant sa maisonnette, quelque chose n’allait pas, quelqu’un avait tiré la chevillette et s’était introduit chez elle. Lorsqu’elle réalisa que c’était le loup, il était déjà trop tard. Il bondit, l’attacha et tenta de la dévorer. Effrayée, elle se débattit mais le loup était plus grand, plus fort… Alors elle hurla de toutes ses forces pour que ses voisins l’aident, mais aucun ne semblait entendre ses appels et réaliser l’énorme danger qu’elle courait.

Heureusement pour elle, une chasseuse qui passait par-là décida de sortir la jeune fille des griffes de son prédateur. Jour après jour et sans relâche, elle le traqua dans l’immense forêt. Mais le loup était fourbe et rusé. Il usait de nombreux stratagèmes pour se dissimuler aux yeux du monde.

Puis un jour, plus maligne que le loup, la brillante chasseuse le piégea. Elle réussit à trouver sa mystérieuse tanière, le captura et le fit mettre en cage. Grâce à cette victorieuse traque, elle pu libérer notre Petit Chaperon rouge qui aujourd’hui, peut traverser la forêt sans avoir peur de se retourner.